Archives pour la catégorie Monuments du Vietnam

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Temple de la Littérature, Hanoi

À chaque Nouvel An lunaire, les Vietnamiens se pressent devant les portes du temple de la Littérature à Hanoi : ils viennent témoigner leur respect aux fidèles, et reçoivent en échange une calligraphie de « meilleurs vœux ». Si la tradition perdure, c’est que ce Temple est un lieu sacré pour les Vietnamiens. Il fut jadis la première université du pays, et il est aujourd’hui un des plus importants vestiges de l’époque royale (et sans doute le mieux conservé).

Hommage à Confucius, philosophe chinois

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On doit ce beau temple à Ly Tong, qui le fit construire en 1070 en l’hommage de Confucius, philosophe chinois à l’origine du confucianisme, une des plus grandes écoles philosophique, morale et politique de Chine. Cette première université servit de centre intellectuel et culturel, et était à ses débuts réservée à la famille impériale et aux grands mandarins.

Une université réservée aux lettrés les plus aguerris

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Si la première université du pays ne fut bientôt plus réservée à la haute société, il n’était pas pour autant très facile d’y rentrer. Pour ce faire, les prétendants devaient passer un test réputé très difficile, dans lequel il leur fallait montrer l’étendue de leurs compétences, leurs talents, mais aussi leur engagement envers l’Empire !

La visite du Temple

En tant qu’hommage au grand philosophe chinois, le temple de la Littérature est fortement inspiré du Temple de Confucius, construit dans sa patrie natale, à Qufu dans la province de Shandong en Chine. Toutefois il est nettement moins imposant que ce dernier.

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Après avoir pénétré dans le Temple de la Littérature par son extrémité sud, on parvient dans 5 cours intérieures successives. Ce nombre n’est pas choisi au hasard : il correspond aux éléments qui permettent de classifier les phénomènes, soit l’eau, le feu, le bois, le métal et la terre (très important dans la théorie du Yin et du Yang). Ne ratez pas la Constellation de la littérature, composée de grandes dalles gravées du nom des étudiants, celles-ci comptent parmi les plus précieuses du temple. Pour terminer la visite, une ballade dans les jolis jardins du temple s’impose : l’endroit lieu idéal pour se ressourcer des bruits de la ville.

 

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La cité impériale de Hue

Si la cité n’est pas remarquablement entretenue par les autorités, elle n’en reste pas moins une étape incontournable si vous vous rendez à la capitale. Les amateurs de vieille pierre trouveront là chaussure à leur pied ; quant aux autres, ils profiteront de cette halte agréable après plusieurs jours dans la bouillonnante (mais fatigante !) ville de Hanoi.

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Des influences diverses

La construction de la cité impériale de Hue débuta en 1804, sous les ordres du fondateur de la dynastie des Nguyen, et se termina un peu moins de 30 ans plus tard, sous le règne de Minh Mang. Depuis 1993, le site est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco.

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La cité de Hue est souvent comparée à la plus connue Cité Interdite de Pékin. Et à raison : elle a été construite sous le même modèle, selon le principe de la géomancie chinoise selon lequel il faut favoriser de manière optimale le déplacement des énergies cosmiques dans l’environnement. Mais, au risque d’étonner certains, la cité a aussi subi d’autres influences; je fais ici référence à notre illustre Vauban. Bien sur je ne parle pas des palais (qui n’ont pour le coup rien en commun avec l’architecture française), mais des grands remparts qui enserrent la cité dans un type d’architecture militaire, et qui témoignent de l’influence de la France en tant que pays colonisateur.

Un havre de paix

Si la cité de Hue attire de nombreux visiteurs, c’est d’abord pour sa dimension historique : elle renferme les tombeaux des Empereurs de la dynastie Nguyen. Mais c’est aussi parce qu’il fait bon s’y promener. Composée d’une citadelle, de la cité royale et de la cité pourpre interdite, la cité impériale offre un large espace de découverte. Ses charmants jardins seront l’occasion de prendre l’air entre la découverte de palais et pagodes.

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La mythique cité pourpre interdite

La cité impériale est devenue un havre de paix… mais ce ne fut pas toujours le cas ! La cité pourpre interdite était à l’époque réservée à l’Empereur d’Annam, sa famille, ses concubines, ses servantes et ses eunuques. Gare à celui qui s’y aventurait sans faire partie de cette liste très select : il était immédiatement mis à mort !

Lire La citadelle de Hue (sur l’internaute).

 

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Le Mausolée de Ho-Chi-Minh

Place de Ba Dinh à Hanoi. Les touristes se pressent devant les portes de l’imposant Mausolée. Il va bientôt être neuf heures, et ici on ne plaisante pas avec les horaires. Ce matin, on s’est levé de bonne heure, on ne voudrait pas manquer la visite : apercevoir la dépouille de celui qui fut Président de la Nation et fondateur du parti communiste, ça n’a pas de prix. Quiconque est de passage à Hanoi rate en effet une étape clé de son voyage s’il ne passe pas par ce lieu culte : c’est l’opportunité idéale pour en découvrir plus sur le pays.

Un peu d’histoire

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A la mort d’Ho Chi Minh, le 2 septembre 1969, fut décidée la construction du Mausolée, destiné à abriter ses restes. Quelle ne fut pas ma surprise lorsque j’appris que ce projet allait à l’encontre de sa propre volonté! Celui-ci souhaitait en effet être incinéré, mais le gouvernement préféra l’embaumer et exposer sa dépouille dans un monument qui lui serait dédié, afin de permettre au peuple vietnamien de venir en pèlerinage. Pour construire le monument, on s’inspira du Mausolée de Lénine, situé sur la Place Rouge à Moscou. La construction du monument dura de 1973 à 1975.

Un héros qui rassemble, même après sa mort

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Comme celui de Lénine, le Mausolée d’Ho Chi Minh est construit en granit gris, noir et rouge, ainsi qu’en pierre polie, matériaux provenant de différentes régions du Vietnam, rapportées par des habitants. Le Mausolée possède aussi un jardin, dont les plantes ont été rapportées des quatre coins du pays par des habitants.

Un code strict à respecter pour la visite

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Le Mausolée de Ho Chi Minh est ouvert à la visite tous les jours de 9h à 17h, mais si vous souhaitez apercevoir la dépouille embaumée du héros national, il faut s’y rendre avant midi. Les règles à respecter lors de la visite plantent tout de suite le décor : pas de short ou de jupes courtes, pas de mains dans les poches ni de bras croisés ! Alignés sur deux rangs, les touristes se taisent. Le silence est de mise si l’on veut apercevoir les restes du héros… Conseil d’amis : ouvrez grands vos mirettes : les enregistrements vidéo et photos ne sont pas autorisées.

 

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Le sanctuaire de My Son

Si vous êtes de passage au Vietnam, impossible de rater le sanctuaire de My Son, dans la province montagneuse et verdoyante de Quang Nam (à 70 km de Danang) . Le site, qui s’étend sur plus de 140 hectares, correspond à un ensemble de 70 temples et autres bâtiments hindouistes, occupés par les Chams entre le IVe et le XIIIe siècle. Inscrit depuis 1999 au patrimoine mondial de l’Unesco, il attire chaque année de nombreux visiteurs.

Qui étaient les Chams ?

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A l’origine, les Chams sont un peuple hindouiste, comme le prouve ces ruines, principalement dédiées à la divinité Shiva. Mais au fil du temps ils se sont convertis à l’Islam. C’est pourquoi on distingue aujourd’hui Chams brahmanistes et Chams musulmans. Le groupe ethnique des Chams vivait à l’époque au Cambodge et dans le centre du Vietnam, où l’on trouve l’actuel sanctuaire de My Son (Mon fils en français).

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Construction du premier temple

Au IVe siècle, le premier temple du site fut érigé par le roi Bhadravarman pour le culte du lingam (symbole phallique) du dieu Bhadresvara. Il est malheureusement détruit par un incendie deux siècles plus tard : en effet, contrairement aux bâtiments conservés à l’heure actuelle, il était construit en bois. Le temple sera reconstruit au VIIe siècle par le roi Sambhuvarman : cette fois il est de pierres et en briques.

Capitale politique et religieuse des Chams

Le site semble ensuite s’être profilé comme capitale politique et religieuse du Royaume de Champa : on y trouve de très nombreuses sépultures de rois et de moines champa ainsi que divers temples dédiés à des divinités hindoues. Si la majorité d’entre eux ont été conçus en l’honneur de Shiva- symbole des pouvoirs opposés de la création et de la destruction- certains sont dédiés à d’autres divinités. Par exemple à Vishnou: une des 3 autres figures principales de l’hindouisme, dont la mission est de préserver l’Univers. Ou encore en l’honneur de Krishna, un des avatars de Vishnu.

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Les nombreuses représentations picturales de la Montagne Méru (lieu sacré des hindous) au sein du site, ainsi que les pierres de Linga qui le jalonnent prouvent également les croyances hindoues du peuple cham.

Plus d’informations sur le site de l’Unesco.

Lire aussi Sanctuaire de My Son: Un patrimoine unique et majestueux.

 

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Les tunnels de Cu Chi

A une quarantaine de kilomètre d’Hanoi se visite le site de Cu Chi, pan héroïque mais douloureux de l’histoire du Vietnam. La construction de ce réseau de galeries souterraines remonte à la guerre d’Indochine (1946-1954), toutefois il a marqué les mémoires pour son utilisation plus tardive par le Viêt-Cong contre les troupes américaines (1955-1973).

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Les tunnels de Cu Chi et les attaques surprises du Viêt-Cong

Les tunnels de Cu Chi font plus de 250 kilomètres de long. Si on peut être aujourd’hui tenté de les visiter en jouant à la course poursuite, leur utilité première était loin d’être ludique. Créés par le Viet Minh sous l’Indochine française, le réseau de galeries et de salles souterraines servait à des fins militaires, pour l’organisation d’attaques surprises. Quelques années plus tard, durant la guerre du Vietnam, le Viêt-Cong communiste (Nord du Vietnam) l’améliora considérablement pour s’en servir contre les troupes américaines soutenant le Sud. C’est d’ailleurs son rôle dans ce conflit qui marqua le plus les mémoires, notamment avec l’offensive du Têt. Les attaques surprises opérées grâce à ce réseau leur permirent d’éliminer de nombreux soldats américains, et de compenser leur manque d’artillerie lourde. Mais les pertes furent aussi très lourdes du côté du Viêt-Cong : seuls 6 000 soldats sortirent vivants des galeries, pour 10 000 à y être entrés…

Des tunnels multifonctionnels

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On entre dans les galeries par de petites trappes dissimulées sous les feuilles, puis on parvient dans de petits conduits creusés : au bout de ceux-ci, des salles semi ou totalement creusées dans la pierre. Ce réseau, permettait non seulement à l’organisation d’attaques surprises, mais aussi à des fins de communication entre les différentes unités du Viêt-Cong, qui était parfois rendue difficile par l’occupation ennemie. Les galeries pouvaient aussi remplir une fonction d’abris pour la population nord-vietnamienne, et d’entrepôt : de réserves comme de matériel de guerre.

L’offensive du Têt, le 31 janvier 1968

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Les tunnels de Cu Chi furent surtout rendus célèbres grâce à l’offensive du Têt, une initiative du Front National pour la Libération du Vietnam et de l’armée populaire vietnamienne contre l’armée américaine. Il s’agissait de soulever le Vietnam du sud et de prendre les Américains par surprise. Le 31 janvier 1968, 80 000 soldats du Viêt-Cong attaquèrent plus de 100 villes à travers le pays : ce fut la plus grande attaque menée durant cette guerre. Si les troupes américaines réussirent à rapidement repousser le Viêt-Cong, cet épisode marqua les mémoires et fut un véritable choc pour les Américains, qui ne le croyait pas capable d’une telle offensive. Quelques années plus tard (en 1973), et en partie grâce aux assauts surprises menés par le Viêt-Cong depuis les tunnels de Cu Chi, ceux-ci se retirent du conflit.